Lectures jude on 10 jan 2010 15:29
“Marie demanda à Jean-Christophe de G. si, dans toutes les langues, on parlait de la robe des chevaux. Est-ce que c’était le même mot en anglais pour désigner la couleur de leur crin ? A dress ? Jean-Christophe de G. lui dit que non, qu’en anglais, on disait coat, un manteau - à cause du climat, lui expliqua-t-il en souriant, en France, les chevaux peuvent se contenter d’une robe, en Angleterre, ils ont besoin d’un manteau (et d’un parapluie, naturellement, ajouta-t-il avec flegme).”
“Aussi curieux que cela puisse paraître, je plaisais à Marie, je lui avais toujours plu. D’ailleurs, je m’étais aperçu que je plaisais, peut-être pas aux femmes en général, mais à chaque femme en particulier, chacune croyant être la seule, par sa perspicacité singulière, son regard pénétrant et son intuition féminine, à repérer en moi des qualités secrètes qu’elles s’imaginaient être les seules à pouvoir détecter. Chacune d’elle était en fait persuadée que ces qualités invisibles, qu’elles avaient décelées en moi, échappaient à toute autre qu’elle-même, alors qu’elles étaient en réalité très nombreuses à être ainsi les seules à apprécier mes qualités secrètes et à tomber sous le charme. Mais, il est vrai que ces qualités secrètes ne sautaient pas aux yeux, et que, à force de nuances et de subtilités, mon charme pouvait passer pour terne et mon humour pour éteint, tant l’excès de finesse finit par confiner à la fadeur.”