Lectures jude on 14 juin 2009 17:32

“Car ce n’est point seulement le caractère étranger du sujet, ni l’agrément du projet qui les séduira (les Muses), ni le fait que nous y avons exposé des mensonges variés de façon convaincante et vraisemblable. Mais c’est aussi que chaque détail du récit est une allusion (non dépourvue d’intention comique) à certains poètes, historiens, philosophes d’antan, dont les ouvrages contiennent beaucoup de prodiges et de fables; je les citerais bien par leur nom si ne devais les identifier toi-même à la lecture.”

“J’ai lu tous ces auteurs, sans trop leur reprocher de mentir, vu que c’est déjà pratique courante même chez ceux qui font professio de philosopher. Mais j’étais étonné qu’ils aient cru pouvoir écrire des choses fausses sans qu’on s’en aperçût. C’est pourquoi moi aussi (par vaine gloire !), j’ai tenu à transmettre quelque chose à la postérité, et je ne veux pas être le seul privé de la liberté d’affabuler. Puisque je n’avais rien de vrai à raconter, n’ayant jamais rien vécu d’intéressant, je me suis adonné au mensonge avec beaucoup plus d’honnêteté que les autres. Car je dirai la vérité au moins sur un point : en disant que je mens. Je crois ainsi que j’éviterai les accusations des autres en reconnaissant moi-même que je ne dis rien de vrai. Bref, j’écris sur des choses que je n’ai ni vues, ni apprises d’autrui, et en outre qui n’existent en aucune façon et ne peuvent absolument pas exister. Les lecteurs ne doivent donc nullement ajouter foi à tout cela.” (Histoires vraies A)

” La seule chose que tu dois rechercher en tout et pour tout, c’est comment bien user du présent. Cours sans t’arrêter, ris le plus souvent, et ne prends rien au sérieux.” (Ménippe)

Lectures jude on 08 juin 2009 16:34

“… écrire est, dans le meilleur des cas,  un acte noble, au pire, un acte naïf. Si l’on excepte quelques graphomanes arrogants non édités qui imitent les graphomanes arrogants édités, écrire ne rend pas le monde plus mauvais. Les livres sont signés mot par mot. Leurs qualités et leurs trahisons sont visibles, leur liberté, leur corruption ou leur inutilité apparaîtront clairement, sur la page infinie des siècles. Certains braveront le temps, d’autres disparaîtront. Chaque trace qu’ils portent est une noble ride, signe d’une lecture attentive et réitérée, usure du vent léger d’une page à l’autre, jaunissement des couvertures entre amour et rejet, poussière d’abandon. (…) Ecrire naît du plaisir de lire, c’est un acte de gratitude, une des rares activités irremplaçables et personnelles, de la signature au roman, du premier thème latin au testament.”

“Aux côtés d’Ulysse vinrent se placer Calobécile, dieu des purs et des nigauds, et Surtoupaça, dieu des sectaires. Vulcain était protégé par Capeusfaire, dieu des bifurcations et des compromis, et par Pécunia, déesse du revenu, dont le temple est une gigantesque baignoire avec jacuzzi.”

Lectures jude on 01 juin 2009 16:19

“Il ne faut s’attendre à aucun compliment de la part de ceux qui nous côtoient, et mieux vaut taire la vérité à ce qui ne nous connaissent pas.”

“Quand je fus complètement éveillé, la chose invisble, sans un mot, me fit discrètement signe de la suivre de ses doigts couverts de bagues.”

“Personne n’est jamais content tant qu’il n’agit pas en fonction de son instinct et de son aptitude.  (…) Instruit par la culture et la civilisation moderne, l’être humain a perdu son idéal d’égoïsme. L’éclatant barbarisme offert par Dieu a rendu les rapports conjugaux relâchés et peu sûrs. Et c’est ainsi que notre pauvre homme, Phanibushan, est sorti de la chaîne de fabrication de la machine moderne transformé en homme bon et civilisé. Résultat : il ne connut le succès ni dans ses affaires, ni dans ses amours.”

“…, quand les femmes ne comprennent pas quelque chose, elles nient son existence et n’en ont cure, ou bien elles lui trouvent une utilité pratique. Si aucune des deux possibilités ne s’offre à elles, alors elles s’insurgent.”

Non classé jude on 01 juin 2009 12:34

… s’il me fallait une raison… :-) http://www.scientistsofamerica.com/index.php?texte=102 

Lectures jude on 26 mai 2009 6:34

Procédés d’assimilation dans le néerlandais :

“Ainsi, dans les adjectifs, la voyelle accentuée est dédoublée pour préserver la prononciation de l’original (français) : ideaal, confuus, idioot, personeel. D’autre part, la consonne finale muette est prononcée au masculin : confuus, idioot, charmant, élégant. Cela facilite l’emploi des formes fléchies : de idiote man.”

Het zelvde met favoriet ?

Lectures jude on 05 mai 2009 18:04

“Une autre qualité des listes est qu’elles sont pleines de trous (si l’on peut dire). Mieux, elles sont faites de trous. Chacun les comble. Le lecteur de listes est le plus écrivain de tous les lecteurs. La majorité de la littérature antique nous est parvenue trouée, et elle est passionnante pour cela aussi.”

“L’humour des philosophes nous fait parfois douter de leur esprit.”

“Le tact est l’imagination de ce que peuvent ressentir les autres. Qu’il ressortisse de l’imagination explique qu’il soit si rare.”

“Et chacun vogue, tant bien que mal, sur son petit désespoir personnel.”

“En amitié, il faut absolument être deux à l’exercer, car précisément elle s’exerce au lieu que l’amour s’éprouve et n’existe pas en tant que tel dans les rapports entre les êtres : l’amitié est une construction, une création délicate qui nécessite de l’attention et du tact, au contraire de l’amour, cet increvable moustique.”

“Les fêtes, quand on est écrivain, c’est du temps où l’on n’écrit pas. On s’en veut d’avoir laissé son petit hamster de livre tout seul à la maison.”

Lectures jude on 01 mai 2009 17:57

“Un empire, un empereur, une langue ? Pas tout-à-fait et pas tout de suite. Notons d’abord que les tolérants Romains ne pratiquent pas une politique linguistique agressivement nationaliste vis-à-vis des étrangers. Même pour des immigrés vivant à Rome, il n’est pas prévu de test de langue ni d’apprentissage obligatoire avec l’instituteur romain (litterator), encore moins songe-t-on à leur faire accepter les principes du droit romain. A chacun sa langue et ses coutumes, ses usages vestimentaires et sa religion.”

“Enée a pour mission de mener les survivants de son peuple vers le Latium. Jusque-là, la littérature antique n’avait pas connu un tel héros, investi d’une mission, mais nous, nous en connaissons un par l’Ancien Testament des Juifs : Moïse, sur l’ordre de Dieur, a conduit son peuple hors d’Egypte jusqu’aux abords de la terre promise, comme Enée a conduit les siens vers l’Italie. On peut facilement supposer que Virgile a connu le livre de l’Exode, car l’ancien Testament était depuis longtemps disponible en grec et, mais c’est moins important, il y a une parenté entre la religiosité ou plutôt, entre la conception de l’histoire des Juifs et celle des Romains.”

“Celui qui ne s’est formé que pour le travail rate l’essentiel, c’est-à-dire qu’il se manque lui-même.”

Non classé jude on 27 avr 2009 20:06

Lectures jude on 11 avr 2009 20:29

Livre I. XIV. :

“Heureux l’homme, occupé de l’éternel destin,
Qui, tel qu’un voyageur qui part de grand matin,
Se réveille, l’esprit rempli de rêverie,
Et, dès l’aube du jour, se met à lire et prie !
À mesure qu’il lit, le jour vient lentement
Et se fait dans son âme ainsi qu’au firmament.
Il voit distinctement, à cette clarté blême,
Des choses dans sa chambre et d’autres en lui-même ;
Tout dort dans la maison ; il est seul, il le croit ;
Et, cependant, fermant leur bouche de leur doigt,
Derrière lui, tandis que l’extase l’enivre,
Les anges souriants se penchent sur son livre. ”

 
Victor_Hugo_001
 

Livre II. X. Amour

“Amour ! « Loi », dit Jésus. « Mystère », dit Platon. ”

Quelques souvenirs aussi… le pli enfantin… l’aube du lendemain… etc etc…

Lectures jude on 11 avr 2009 16:55

“LE ROI : Tu as les yeux cernés. Tu as pleuré ? Pourquoi ?
MARIE : Mon Dieu !
LE ROI, à Marguerite : Je défends qu’on lui fasse de la peine. Et pourquoi dit-elle “Mon Dieu” ?
MARGUERITE : C’est une expression.”

“LE ROI : Les rois devraient être immortels.
MARGUERITE : Ils ont une immortalité provisoire.”

“JULIETTE : Pauvre Majesté, pauvre Sire, il a fait l’école buissonnière.
LE ROI : Je suis comme un écolier qui se présente à l’examen sans avoir fait ses devoirs. Sans avoir préparé sa leçon…
MARIE, au Roi : Ne t’inquiète pas.
LE ROI : … Comme un comédien qui ne connaît pas son rôle le soit de la première et qui a des trous, des trous, des trous. Comme un orateur qu’on pousse à la tribune, qui ne connaît pas le premier mot de son discours, qui ne sait même pas à qui il s’adresse. Je ne connais pas ce public, je ne veux pas le connaître, je n’ai rien à lui dire. Dans quel état suis-je !”

“LE MEDECIN : Il sera une page dans un livre de dix mille pages que l’on mettra dans une bibliothèque qui aura un million de livres, une bibliothèque parmi un million de bibliothèques.
JULIETTE : Pour retrouver cette page, ce ne sera pas commode.
LE MEDECIN : Mais si. Ca se retrouvera, dans le catalogue, par ordre alphabétique et par ordre des matières… jusqu’au jour où le papier sera réduit en poussière… et encore, cela brûlera certainement avant. Il y a toujours des incendies dans les bibliothèques.”

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