“We all were sea-swallow’d, though some cast again,
And by that destiny, to perform an act
Whereof what’s past is prologue, what to come
In yours and my discharge. ”
Le passé est un prologue…
Vercors : Les animaux dénaturés
“Et les voilà partis. Le dialogue qui s’ensuivit ne vaut pas d’être rapporté : ce que deux écrivains peuvent dire sur leur métier n’intéresse que les écrivains.”
“Bon sang que c’est difficile d’exprimer une idée de manière compréhensible !”
“- Quoi qu’il en soit, dit Doug, le professeur Kreps a raison : ce sont des cris, ce n’est pas un langage.
- Qu’appelle-t-ton langage ? dit Pop. S’il faut pour mériter ce nom une grammaire et une syntaxe, bien des tribus primitives ne savent pas parler. Les Vedahs de Ceylan disposent à peine de cent ou deux cents mots, qu’ils se contentent de débiter à la queue leu leu. Je dis qu’il y a langage dès que des sons articulés désignent des objets ou des faits, des sensations ou des sentiments qui varient avec la place et le choix des sons.
- Mais alors, selon vous, les oiseaux parleraient ?
- Si l’on veut - mais leurs chants sont trop pauvres en modulations distinctes pour qu’on les puisse vraiment qualifier de langage.
- Alors les cris des tropis sont-ils assez riches ? Nous retombons dans l’histoire du tas de cailloux, soupira Doug. Combien faut-il de mots ou de sons distincts pour mériter le nom de langage ?
- C’est bien là le hic, dit Pop.”
Tonino Benacquista : Le serrurier volant.
“Au troisième verre, elle devint bien plus volubile et, sans savoir pourquoi, elle lui parla avec ferveur de son amour des livres, de la beauté des volumes, des rayonnages des bibliothèques. Elle s’en était nourrie et avait grandi avec eux depuis l’adolescence, elle avait vécu par leur présence des moments dont jamais la vie réelle ne s’était fait l’écho. Et lui n’avait su quoi répondre, il n’avait jamais lu, ou si peu, rien de notable, rien d’exaltant. Il aurait donné n’importe quoi pour évoquer un grand moment de lecture, de ceux qui vous construisent et vous accompagnent toute une vie, mais non, il n’en avait pas, ça n’était pas sa faute.”
Grey’s anatomy “sponsorisé” par une marque de Chips…
Pierre-Jean Remy : De la photographie considérée comme un assassinat
“Vous permettez ? Vous ressemblez au vilain petit canard des contes de nos enfances; vous savez bien : celui qui est le plus beau de tous?”
“Bertrand avait coutume de le dire : rien de tel qu’un week-end à Paris pour mieux aimer Londres.”
Italo Calvino : Le chevalier inexistant
“Mais le sol étant déjà tout encombré de carcasses et de cadavres, on avait du mal à se frayer un chemin : donc, quand on ne parvenait pas à s’affronter, on échangeait des gros mots. Ici, ce qui était capital, c’étaient la nature et le degré d’intensité de l’insulte, car, selon qu’il s’agissait d’une injure mortelle, sanglante, intolérable, ou moyenne, ou bien bénigne, diverses sortes de réparations étaient requises; et parfois c’étaient des haines implacables qu’on léguait à ses descendants. L’important était donc de se bien comprendre, chose malaisée entre maures et chrétiens, avec, chez les uns comme chez les autres, tout ce mélange des parlers les plus divers; si jamais vous receviez une insulte indéchiffrable, comment faire ? Vous n’aviez qu’à la garder, au risque d’en être déshonoré jusqu’à la fin de vos jours. Aussi, à cette phase du combat, participaient les interprètes, troupe rapide, légère, juchée sur de drôles de petits bidets, qui trottait de-ci, de-là, cueillant au vol chaque injure, et la traduisant sur-le-champ dans la langue du destinataire.”
“Entre faire et mal faire.. nous, on a préféré ne rien faire.”
“Même exister, cela s’apprend.”